Mercredi 20 août 2008 3 20 /08 /Août /2008 13:22
Ah la génétique !! ça ne pardonne pas ce truc ! une fois qu’elle t’a jeté un sort, c’en est fini de toi, et c’est bien souvent irréversible. Tenez, moi par exemple, il y a beaucoup de gènes qui empoisonnent ma vie… celui qui code pour l’allongement continuel de mon nez…il est super actif le machin chouette…
On veut me réconforter en me balançant à chaque fois :
-Mais non, il n’est pas long ton nez…il est juste imposant.
 – t’as juste un nez de kabyle, il n’est pas long ton nez.
Et le nez kabyle il est quoi ? A la verticale, il atteindrait le sommet de lala Khdidja.  Encore je mens très rarement, sinon j’imagine bien mon nez courtisé par les « harragas » pour atteindre l’autre rive de la Méditerranée (un viaduc biologique quoi).
Non, mais sérieusement le gène qui fait la loi chez moi, c’est le gène qui code pour l’édification du buisson que j’ai sur la tête ! Alala ! mes cheveux !! Je les supporte depuis que j’ai 6ans…Oui ! Parce qu’avant, ma mère se débrouillait toujours pour m’en débarrasser…D’ailleurs, si je ne mettais pas de robe, on disait à ma mère : ah !! Qu’il est adorable !
-Tiens mais on croyait que t’avais eu une fille, Houria !
Donc je suis restée un travesti jusqu’à mon entrée à l’école, là je commençais à développer les complexes en masse : Je ne veux plus que tu me coupes les cheveux maman ! Je voyais toutes ces filles avec leurs tignasses de soie qui leur tombaient sur les épaules, ces tresses parfaites que de jolis rubans blancs, roses ornaient à merveille…je voulais leur ressembler coûte que coûte. Ma mère prise de pitié, décida de se plier à mon caprice et s’engagea dans une guerre sans merci. Chaque matin il fallait trouver une prise pour attacher quelque chose, une technique pour aplatir des cheveux très très en forme. J’étais passée de la phase « seigneur des anneaux », à celle de « mickey Mouse » avec mes deux couettes en l’air, puis à celle de « queue de mouton », parodie hilarante de la queue de cheval ! Non, mais ces transitions sont dues à un comportement particulier de mes cheveux ; d’abord et pendant plus d’une année, ils poussent vers le haut, et ce n’est que bien après qu’ils comprennent que le principe est de se diriger vers le bas. Mes cheveux sont les seuls objets sur Terre à ne pas se soumettre à la loi de la gravité ! Enfin bref, il m’en est arrivé des histoires avec ma touffe…Je me rappelle le jour où j’ai demandé à ma mère de me couper une frange, alalala !! Ma mère d’un air désespéré essayait en vain de m’expliquer que ce n’était pas possible. Mais ma fille, ça ne marchera pas pour toi…t’es bien comme tu es ! Non, je veux ma « CHOUCHA »…Regarde, regarde ! Ils sont plus lisses qu’avant, Ah l’imagination des gosses, débordante ! Ma mère se plia encore une fois, et j’eus vite l’occasion de constater qu’elle avait raison ! J’avais tout bonnement réussi à me faire confectionner une casquette sur la tête… et ma mère dut en supporter les conséquences, mais ne manqua plus de me rappeler, à chaque fois que je songeais à similaire bêtise, que je n’avais ni les cheveux de Mireille Mathieu, ni ceux de Stone…mais c’est surtout Sylvie Vartan, qu’elle n’arrêtait pas de citer en exemple.
Une autre anecdote dont je me rappelle bien…C’est lorsque j’avais chopé des poux. C’était la faute à ma cousine, super sociable, qui en allant passer les vacances dans notre chère campagne, faisait en sorte que sa tête côtoie toutes celles des fillettes de la famille…N’empêche qu’elle, avait les cheveux soyeux, et s’en débarrassait vite fait, juste après me les avoir refilé…Je l’admirais ma cousine, entre autres pour ses cheveux…Et voilà le résultat de cet amour…des démangeaisons super inconfortables qui foutent la honte grave ! Vous imaginez le faste et le farniente dans lequel étaient ces bébêtes dans ma broussaille capillaire ?! Ma mère affolée regardait, pensive, ces buissons désormais vivants. Fallait-il les couper alors qu’ils avaient même dépassé le seuil des épaules ? Fallait-il détruire tout ce bâti construit cheveux par cheveux, frisotis par frisotis, coup de brosse par coup de brosse, cri par cri…euh, pour être franche avec vous, je faisais toujours en sorte d’étouffer mes cris, j’étais très consciente que ces douleurs étaient normales, très tôt j’avais appris le proverbe de chez nous qui dit : « LI HEB CHBEH MA IKOULE EHE » ou « celui qui veut être beau, ne crie pas au bobo »...Mes complaintes se limitaient donc à des « aie » presque inaudibles et à des mimiques que je soupçonne d’ailleurs d’être la cause de l’apparition de rides d’expression sur mon visage. Revenons à nos moutons…enfin à nos poux. Ma mère qui s’est finalement décidée à garder mes cheveux au grand dam de mon père qui ne restait plus à la maison, décida de tenter le diable, de traquer les poux dans le fin fond de la savane ! Ma mère me contait, en même temps qu’elle ratissait ma tête, les prouesses de ces parasites : - Mais comment qu’il m’a échappé ! -Il est où hein ? Tous les coups étaient permis avec eux : produits chimiques, peigne, ongles…Les lentes n’en faisaient qu’à leur tête…collant amoureusement à la mienne, et cette opération avait duré une bonne semaine…heureusement que c’était les vacances.
Ah, faut dire que j’ai peiné avec mes cheveux…surtout durant mon adolescence, pas facile de gober des remarques du style :
-Vous avez une glace chez toi ?
 -t’as déjà vu une brosse ?
-un sèche-cheveux a éclaté sur toi ?
Une fois même, quelqu’un de ma famille qui est plombier, et je vous le jure que c’est vrai, s’est rappelé qu’il n’avait pas acheté de filasse lorsque son regard s’est posé sur ma tignasse…
Ah oui, y a aussi mon frère qui dit qu’en voyant mes cheveux, il pense tout de suite à la bouboule de « halfa » ou d’alfa qui se dandine dans les films de far ouest.
Je me rappelle aussi de toutes les fois où mes cheveux se sont coincés quelque part,…alala ! je ne sais pas, peut être que c’est une espèce d’attraction électrique qui les poussent non seulement à s’enchevêtrer entre eux, mais en plus à se mêler aux boutons, aux grilles aux boucles d’oreilles des copines…Tenez, ça ne fait pas moins d’une heure qu’ils se sont coincés à mes écouteurs.

Mais je les aime mes cheveux, parce qu’ils sont uniques, ils sont différents…Et puis, je me dis que dans quelques années ils peuvent être d’un grand intérêt pour l’humanité, si ma race se perpétue. Qui sait ? Peut être serviront-ils à produire de l’énergie électrique, peut être serviront-ils de fibres textiles ; peaux sensibles s’abstenir. Ou même à remplacer des espèces de porc-épic, de hérissons et d’oursins si elles venaient à disparaitre.

PS :
harragas = émigrés clandestins
lala khdidja : l'un des plus haut sommets d'Algérie (en kabylie)
Par mélimélo
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus